LA CREATION DE L'ORDRE






 

Un bref sommaire :

1. Les Pauvres Chevaliers du Christ

2. Le Concile de Troyes

3. Les Règles

4. Les privilèges

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1. LES PAUVRES CHEVALIERS DU CHRIST

L'Ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, fondé en 1113 par Gérard de Martigues, était un ordre de moines-guerriers. Le but était de protéger et soigner les pèlerins blessés ou invalides, également sur les routes. Cet ordre était international, c'est-à-dire qu'il n'était rattaché à aucun Etat, mais seul le pape avait un petit pouvoir sur lui.
Hugues de Payns, seigneur champenois résolu à rester défendre les Lieux saints, se dit qu'il fallait un même ordre, mais pour les bien-portants. Il eut l'idée d'une "Militia Christi", et ainsi fonda l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ en 1118. L'ordre comptait au départ neuf membres dont notamment Payen de Montdidier, Archambaud de Saint-Amard, Geoffroy Bisol, Geoffroy de Saint-Omer, un certain Rolan et bien sur Hugues de Payns. Ils se consacrèrent à Dieu, à la défense des pèlerins et la garde de la route pèlerine Jaffa - Jérusalem.
Le Pape Grégoire VII estima cet ordre, voyant des chevaliers prêts au combat contre les adversaires de la chrétienté. Il les invita à verser leur sang, le meurtre justifié était presque sacralisé. La croisade n'était plus une guerre, mais un pèlerinage armé.
Les Pauvres Chevaliers du Christ étaient calqués sur les Hospitaliers. Ils devaient faire vœu de chasteté et de pauvreté. Ils se soumirent à la règle de saint Augustin. Ils avaient alors une vie religieuse et une vie militaire. Baudouin II, roi de Jérusalem, appréciant leurs services, leur offrit en 1119 une partie de son palais, soit l'emplacement du Temple de Salomon. Après cet événement, il y eut une période de troubles.
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2. LE CONCILE DE TROYES

En automne 1127, Hugues de Payns voulut faire connaître son ordre, pour trois raisons. Premièrement, il y avait une crise de croissance, c'est-à-dire que l'ordre s'agrandissait mais pas assez rapidement (le premier combat contre les infidèles eut lieu pour les chevaliers en 1129). Deuxièment, il y avait une crise de conscience, et ils voulaient avoir une identité contre les critiques de la nouvelle milice. Et troisièment, ils souhaitaient une extension vers l'Occident.
Il partit pour Rome avec cinq compagnons (dont Geoffroy de Saint-Omer) afin de solliciter du pape Honorius II une reconnaissance officielle. Il accepta et convoqua un concile à Troyes le 13 janvier 1128. Y étaient présents : le cardinal Matthieu d'Albano (représentant du Pape); 2 archevêques de Reims et de Gens; 10 évêques; 8 abbés cisterciens de Vézelay, Cîteaux, Clairvaux (il s'agit de saint Bernard), Pontigny, Troisfontaines et Molesmes; et quelques laïcs tels que Thibaud de Blois, le comte de Champagne, André de Baudemont, le sénéchal de Champagne, le comte de Nevers et un croisé de 1095.
L'Ordre fut créé, et doté de la règle du "moine soldat" : simplicité, pauvreté, chasteté et prières. L'Ordre eut plusieurs noms : la milice des Pauvres Chevaliers de Christ, les Chevaliers de la Sainte Cité, les Chevaliers du Temple de Salomon de Jérusalem, la Sainte Milice hiérosolymitaine du Temple de Salomon. Avec le temps, le nom le plus commun fut celui de Templiers.

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3. LES REGLES

Les règles rédigées par saint Bernard étaient assez proches de la forme cistercienne. Elles furent tout d'abord écrites en latin, contenant 72 articles et le procès verbal du Concile.
Les huit premiers articles étaient consacrés aux devoirs religieux des frères : règles de prières, règles de déroulement d'une messe, devoir et attitude à avoir envers un défunt. Les onze suivants concernaient les règlements journaliers : repas, dîme aux pauvres, carême, prière avant de se coucher. Il y avait également des règlements sur les vêtements : robes toutes blanches ou noires, sans fourrure sauf les peaux de moutons ou d'agneaux, souliers sans pointes ni lacets. Chacun avait son lit, et les dortoirs étaient éclairés toute la nuit. Concernant les chevaux, chaque frère avait droit à trois chevaux, un écuyer, et les étriers et les mors ne devaient être ni en or, ni en argent : s'ils étaient reçus, alors ils devaient être repeints.
Les dernières règles étaient plutôt diverses : les frères ne pouvaient posséder de malle, ni de sac à serrure; les lettres devaient être lues en présence du Maître (car la plupart ne savaient pas lire); les cadeaux, même de la famille, devaient être offerts au Maître ou au Sénéchal; la chasse, sauf au lion, était interdite; les vieillards devaient être respectés; si un frère marié mourrait avant sa femme, ses biens étaient partagés en moitié pour le Temple, et l'autre pour la veuve.
Trois articles restaient assez importants : il était défendu d'avoir des relations avec des personnes excommuniées, mais on pouvait leur donner l'aumône; la demande d'entrée devait être faite devant le Maître et le Chapitre; une personne excommuniée souhaitant devenir Templier devait en faire la demande à l'évêque, puis ensuite au Maître.

Saint Bernard
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4. LES PRIVILEGES

Le 29 mars 1139, le pape Innocent II, par la bulle Omne datum optimum, texte accordait aux Templiers des privilèges, avantages et exemptions.

Les Templiers étaient sous la protection immédiate du Saint-Siège, ce qui avait comme conséquence que :
- le Maître était élu par les frères seuls
- l'autorité du Maître sur les frères était renforcée
- les statuts du Temple ne pouvaient être modifiés que par le Maître
- les Templiers avaient droit d'avoir leurs propres prêtres.

Ils étaient exemptés des dîmes, et avaient le droit de les imposer eux-mêmes sur les terres qu'ils contrôlaient. Ce qui suscita une grande colère auprès du clergé séculier, à qui la dîme était payée auparavant.
La bulle du 9 février 1143, Militia Templi, permettait aux chapelains de l'ordre de célébrer la messe, une fois pas an, dans les régions placées sous interdit. En effet, l'Eglise suspendait toute activité religieuse dans les localités, régions, voire royaume, pour sanctionner les péchés d'un seigneur, d'une communauté ou d'un roi.
La bulle du 7 avril 1145, Militia Dei, permettait aux Templiers d'avoir leurs propres Eglises et cimetières.
A cela, Célestin II ajouta que les frères, leurs vassaux et leurs tenanciers ne pouvaient être excommuniés que par le pape seul, et non plus les évêques.
Tous ces privilèges étaient partagés avec les autres ordres militaires, comme celui de l'Hôpital. C'est le début de tensions entre clergé séculier et ordres militaires, estimant exorbitant l'exemption des dîmes.

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