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LA CREATION DE L'ORDRE |
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| L'Ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem,
fondé en 1113 par Gérard de Martigues, était un ordre de moines-guerriers.
Le but était de protéger et soigner les pèlerins blessés ou invalides, également
sur les routes. Cet ordre était international, c'est-à-dire qu'il n'était
rattaché à aucun Etat, mais seul le pape avait un petit pouvoir sur lui.
Hugues de Payns, seigneur champenois résolu à rester défendre les Lieux saints, se dit qu'il fallait un même ordre, mais pour les bien-portants. Il eut l'idée d'une "Militia Christi", et ainsi fonda l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ en 1118. L'ordre comptait au départ neuf membres dont notamment Payen de Montdidier, Archambaud de Saint-Amard, Geoffroy Bisol, Geoffroy de Saint-Omer, un certain Rolan et bien sur Hugues de Payns. Ils se consacrèrent à Dieu, à la défense des pèlerins et la garde de la route pèlerine Jaffa - Jérusalem. Le Pape Grégoire VII estima cet ordre, voyant des chevaliers prêts au combat contre les adversaires de la chrétienté. Il les invita à verser leur sang, le meurtre justifié était presque sacralisé. La croisade n'était plus une guerre, mais un pèlerinage armé. Les Pauvres Chevaliers du Christ étaient calqués sur les Hospitaliers. Ils devaient faire vœu de chasteté et de pauvreté. Ils se soumirent à la règle de saint Augustin. Ils avaient alors une vie religieuse et une vie militaire. Baudouin II, roi de Jérusalem, appréciant leurs services, leur offrit en 1119 une partie de son palais, soit l'emplacement du Temple de Salomon. Après cet événement, il y eut une période de troubles. |
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En automne 1127, Hugues de Payns voulut faire connaître son ordre, pour
trois raisons. Premièrement, il y avait une crise de croissance, c'est-à-dire
que l'ordre s'agrandissait mais pas assez rapidement (le premier combat
contre les infidèles eut lieu pour les chevaliers en 1129). Deuxièment,
il y avait une crise de conscience, et ils voulaient avoir une identité
contre les critiques de la nouvelle milice. Et troisièment, ils souhaitaient
une extension vers l'Occident. |
| Les règles rédigées par saint Bernard étaient assez proches
de la forme cistercienne. Elles furent tout d'abord écrites en latin, contenant
72 articles et le procès verbal du Concile. Les huit premiers articles étaient consacrés aux devoirs religieux des frères : règles de prières, règles de déroulement d'une messe, devoir et attitude à avoir envers un défunt. Les onze suivants concernaient les règlements journaliers : repas, dîme aux pauvres, carême, prière avant de se coucher. Il y avait également des règlements sur les vêtements : robes toutes blanches ou noires, sans fourrure sauf les peaux de moutons ou d'agneaux, souliers sans pointes ni lacets. Chacun avait son lit, et les dortoirs étaient éclairés toute la nuit. Concernant les chevaux, chaque frère avait droit à trois chevaux, un écuyer, et les étriers et les mors ne devaient être ni en or, ni en argent : s'ils étaient reçus, alors ils devaient être repeints. Les dernières règles étaient plutôt diverses : les frères ne pouvaient posséder de malle, ni de sac à serrure; les lettres devaient être lues en présence du Maître (car la plupart ne savaient pas lire); les cadeaux, même de la famille, devaient être offerts au Maître ou au Sénéchal; la chasse, sauf au lion, était interdite; les vieillards devaient être respectés; si un frère marié mourrait avant sa femme, ses biens étaient partagés en moitié pour le Temple, et l'autre pour la veuve. Trois articles restaient assez importants : il était défendu d'avoir des relations avec des personnes excommuniées, mais on pouvait leur donner l'aumône; la demande d'entrée devait être faite devant le Maître et le Chapitre; une personne excommuniée souhaitant devenir Templier devait en faire la demande à l'évêque, puis ensuite au Maître. |
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Le 29 mars 1139, le pape Innocent II, par la bulle Omne datum optimum, texte accordait aux Templiers des privilèges, avantages et exemptions. Les Templiers étaient sous la protection immédiate du Saint-Siège,
ce qui avait comme conséquence que : Ils étaient exemptés des dîmes, et avaient le droit de les imposer
eux-mêmes sur les terres qu'ils contrôlaient. Ce qui suscita une grande
colère auprès du clergé séculier, à qui la dîme était payée auparavant.
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