LES MAÎTRES DU TEMPLE







 


HUGUES DE PAYNS

PHILIPPE du PLASSIEZ ou du PLAISSIS

ROBERT de CRAON dit Le Bourguignon

GUILLAUME de CHARTRES

EVRARD des BARRES

PIERRE de MONTAIGU

BERNARD de TREMELAY

ARMAND de PERIGORD

ANDRE de MONTBARD

(RICHARD de BURES)

BERTRAND de BLANQUEFORT

GUILLAUME de SONNAC

PHILIPPE de MILLY ou de NAPLOUSE

RENAUD de VICHIER

EUDES de SAINT AMAND ou ODON de SAINT-CHAMAND

THOMAS BERAUD ou BERARD

ARNAUD de la TOUR ROUGE ou de TORROYA

GUILLAUME de BEAUJEU

GERARD de RIDEFORT

THIBAUD GAUDIN ou le Moine GAUDINI

ROBERT de SABLE ou de SABLOIL

JACQUES de MOLAY

GILBERT ARAIL ou HORAL

 

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HUGUES DE PAYNS
1119 - 24 mai 1136

Hugues de Payens (ou de Pains -de Panasis) est le fondateur (1118) et le premier Grand Maître de l'Ordre des Templiers. Né vers 1070, issu de la maison des comtes de Champagne, il possède le château de Pains en Champagne, entre Méry-sur-Seine et Troyes. Il s'installe à Jérusalem avec ses 8 compagnons. Baudouin II, roi de Jérusalem, le charge d'une ambassade auprès du pape Honorius II : obtenir du saint père une nouvelle croisade, ou du moins engager le plus grand nombre possible de guerriers chrétiens pour venir défendre Jérusalem.

Honorius Il l'envoie au concile de Troyes, en 1128, où l'Ordre reçoit sa règle. Hugues de Pays a été en outre chargé de négocier le mariage de Mélisende, fille de Baudouin II, avec Foulques d'Anjou, qui succédera à son beau-père, en 1131. Lorsque Hugues de Payns s'en retourne à Jérusalem, il est accompagné de son fils Thibaut, abbé de Sainte-Colombe de Troyes.

Sous sa direction, les chevaliers du Temple obtiennent leurs premières victoires militaires aux frontières du royaume, déjà encerclé. Mais, parallèlement, il incite Baudouin à s'entendre avec Vlsmaélien Aboull-Fewa ; les deux souverains échangent Tyr contre Damas.

De ces négociations discrètes naîtront des relations -qui dureront quatre-vingts ans -entre les Templiers et les chefs de la secte des Ismaéliens, à laquelle appartient le "vieux de la montagne" et ses assacine (traduit à tort par assassins -ou haschischins, mangeurs de haschisch, qu'ils consomment avant de se livrer à des attentats politiques).

Hugues de Payens meurt le 24 mai 1136. Ses funérailles sont l'occasion d'une grande parade templière à Jérusalem.

On lui attribue les couleurs de l'Ordre "d'argent au chef de sable"

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ROBERT de CRAON dit Le Bourguignon
Juin 1136 - début 1147

Robert le Bourguignon dit également Robert de Craon, était d’origine angevine.Son père, Renaud, sire de Craon, fut le fondateur de l’abbaaye de la Roë, en Anjou. Fiancé avec la fille et l’héritière de Jourdain Eskivat, seigneur de Confolens et de Chabannes, Robert céda pour des motifs inconnus sa fiancée à Guillaume de Masta, s’en fut en Palestine et entra dans l’Ordre des Templiers. Guillaume de Tyr atteste qu’il ne fut pas moins illustre par la pureté de ses moeurs et sa bravoure que par l’éclat de sa naissance.C’est sous son magistère, que les Templiers furent autorisés par le pape Eugène III à porter la croix patée rouge. Grand organisateur de l’Ordre et comprenant qu’il est indispensable d’asseoir les donations, qui sont désormais nombreuses, sur une approbation officielle, il sollicite du pape Inncent II la bulle Omne datum optimum (29 mars 1139) sur laquelle seront fondés les privilèges de l’Ordre. Le principal de ces privilèges est l’exemption de la juridiction épiscopale; l’Ordre pourra avoir ses propres prêtres, ses chapelains assuarnt la le culte religieux et qui ne relèveront pas des évêques. A celà s’ajoute l’exemption des dîmes, seuls les Cisterciens en sont comme les Templiers exemptés.
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EVRARD des BARRES
Mars 1147 - Avril-Mai 1151

Etait précepteur ou maître de l’Ordre pour la France depuis 1143.Il sauve le roi de France vaincu par les Turcs, écrase ces derniers, et rentre en France avec le roi.Il entre à l’abbaye de Cîteaux, embrasse la vie monastique et envoie son abdication en Palestine. Il persévéra dans sa nouvelle vocation malgré les insistances des Templiers.Il mène une vie exemplaire pendant 24 ans et meut de la façon la plus édifiante vers 1174.

C’est sous sa maîtrise que le roi de France Louis VII entreprend la seconde croisade préchée par Saint-Bernard. L’Ordre du Temple y joua sa vocation militaire pour la première fois le 6 janvier 1148 dans les gorges de Pisidie où l’armée franque subit d’importantes pertes face aux Turcs auxquels s’étaient mêlés des Byzantins. Après cette bataille dificile où seule la valeur du roi Louis VII permit d’éviter la défaite, il décida de se mettre sous la tutelle d’Evrart des Barres et des Templiers.

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BERNARD de TREMELAY
Juin 1151 - 16 Août 1153

Bernard de Tramelay (ou Dramelay, ou Dramelet) est né au château de ce nom (environs de Saint-Claude, dans le Jura). Il est élu en 1151 à la succession d'Évrard des Barres, après qu'un certain Hugues ait assuré l'intérim, le temps, sans doute, que le précédent Grand Maître confirme sa démission. Baudouin III offre à l'Ordre la citadelle - en ruines - de Gaza.

Ces religieux guerriers, dit Guillaume de Tyr, qui pourtant les jalouse, gens pleins de courage, achevèrent de fortifier cette ville en élevant des tours et de nouveaux retranchements, et ils en firent une place d'armes imprenable, d'où ils réprimèrent les courses de la garnison d'Ascalon et forcèrent enfin les Sarrasins à se renfermer dans leurs murailles.

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ANDRE de MONTBARD
Fin 1154 - 17 Octobre 1156

Un des neuf chevaliers co-fondateurs de l’Ordre. Il est l’oncle de Saint Bernard. Il représente par cette parenté un lien avec les Cisterciens. Il fut, selon les cartulaires du Saint-Sépulcre et de Saint-Lazare, Sénéchal de l'Ordre de 1148 à 1151. Il figure pour la première fois comme Maître du Temple, le 27 mai 1155 dans un acte de Baudouin III, et dans un acte identique daté du 27 juin 1155 concernant une confirmation d'échange avec la reine Mélissande. Renommé et aimé, il porta aussi le titre de comte d'Ascalon. L'obituaire de Bonlieu date sa mort du 17 octobre 1156

Selon les listes, sa place de grand Maître peut se changer en celle de Maître régional de Jérusalem tout comme Evrard des Barres.

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BERTRAND de BLANQUEFORT
1156 - 2 Janvier 1169

Bertrand de Blanquefort ou Blanchefort était le fils de Godefroy, seigneur de Blanquefort. Il eut la réputation d’un religieux édifiant et d’un capitaine très versé dans l’art de la guerre. Sous son magistère le pape Alexandre III accorda plusieurs privilèges aux Templiers. Fait prisonnier en 1156 par Noureddin, il fut racheté au bout de trois années par Manuel Commène, empereur de Constantinople.En 1166, il envoya une députation à Louis VII qui lui avait reconnu le titre de "Grand Maître par la grâce de Dieu", pour appeler l’attention du roi, dont les maux s’aggravaient chaque jour, sur la Terre Sainte.

Bertrand de Blanchefort est mieux connu pour ses connexions supposées avec les Cathares. Il aurait avant de rentrer dans l’Ordre combattu aux côtés du célèbre cathare Raymond Roger de Trencavel puis fait don de ses terres situées dans les environs de Rennes le Château et de Bezu à l’Ordre. Installé grand Maître de l’Ordre, il fera venir tout spécialement d’Allemagne un contingent de mineurs afin de creuser des galeries dans la montagne de Blanchefort qui selon une hypothèse devait servir d’entrepôt clandestin aux templiers.

Paradoxalement, le pape Clément V , qui devait condamner plus tard sous Philippe le Bel l’Ordre du Temple n’était autre que le fils d’Ida de Blanchefort, de la famille de Bertrand de Blanchefort...

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PHILIPPE de MILLY ou de NAPLOUSE
Janvier 1169 - 3 Avril 1170

Philippe de Milly (en picardie), seigneur de PNaplouse, où il est né, a été marié à Isabelle, fille du roi Baudouin III. Veuf, il entre dans l'Ordre du Temple en 1148. Élu Grand Maître en 1169, il démissionne de sa dignité avant la Pâque 1171, à l'occasion d'un voyage entrepris à Constantinople avec le roi de Jérusalem.

On ignore pourquoi, comme on ignore comment il achève sa vie ; sans doute dans un monastère cistercien, ainsi qu'il est d'usage pour tout Templier quittant l'Ordre.

Sous son magistère, Saladin prend le pouvoir en Égypte (mais reste le vassal de Nour-ed-Din) et met Amaury en déroute; il tente, en vain, d'assiéger Gaza, ville défendue par les Templiers, avant de mettre ses environs à feu et à sang pour se venger de son échec.

Au printemps 1170, un tremblement de terre ébranle la Syrie, ce qui suscite une trêve entre les différents camps.

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EUDES de SAINT AMAND ou ODON de SAINT-CHAMAND
1170 - 19 Octobre 1180

D’une illustre famille du Limousin, Eudes de Saint Amand avait été maréchal, puis bouteiller du royaume de Jérusalem, avant d’entrer dans l’Ordre du Temple. Fait prisonnier par les Turcs en 1178, il refuse d’être échangé contre un Emir prisonnier de l’Ordre, disant :

" Je ne veux point autoriser par mon exemple la lacheté de ceux de mes religieux qui se laisseraient prendre, dans la vue d’être rachetés. Un Templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour rançon que son poignard ou sa ceinture ".

Il meurt après quelques mois de captivité. Pendant son magistère il maintint les privilèges de l’Ordre contre les rois, ce qui le fit accuser d’orgueil intraitable par ses ennemis.

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ARNAUD de la TOUR ROUGE ou de TORROYA
1180 - 30 Septembre 1184

Il est difficile de dater l'élection de ce Maître du Temple. Il était encore Maître en Provence et en Espagne le 26 novembre 1180, dans un acte où il accordait aux habitants de Miravete le privilège de ne pas payer les péages ni les usages par mer et par terre.

D'après Guillaume de Tyr, il fut élu à la tête de l'Ordre en 1181 sans précisé le mois. Voyageur confirmé, il occupa les premiers emplois de l'Ordre "en deçà des mers", avant d'être élu.

Devant la situation désastreuse de la Terre Sainte, le patriarche Héraclius ainsi que les Maîtres du Temple et de l'Hôpital revinrent en Europe pour solliciter une assistance. Lors de ce voyage, Arnaud de la Tour mourut à Vérone, le 30 septembre 1184.

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GERARD de RIDEFORT
1185 - 1189

D’origine flamande. Grand et vaillant capitaine et selon la chronique "chevalier errant du siècle". Il avait été quelque temps le familier du comte Raymond III de Tripoli et l’on raconte que sa haine et son désir de vengeance venaient de ce que celui-ci avait réfusé la main de sa vassale, héritière du fief de Boutron.

Profitant du désordre réganant à la cour du jeune roi lépreux Baudoin IV, de plus en plus affaibli par la maladie, il avait réussi à se faire attribuer la charge de maréchal du royaume de Jérusalem puis entré dans l’Ordre du Temple avait été élu maître à la mort d’Arnaud de Toroge.

Ayant provoqué les sept mille mamelouks de Saladin à Casal Robert, Gerard de Ridefort se trouva en étéat de guerre ouverte avec celui-ci.Il fut fait prisonnier à la bataille de Hattin où l’arméee franque fut encerclée et aénantie.Raymond de Tripoli avec trois autres seigneurs parvinrent dans une charge héroïque à s’enfuir tandis que tout ce qui demeurait était fait prisonnier ou massacré.

Dans un geste de clémence inexpliquable, Saladin fit libérer Gerard de Rideford qui s’empressa de donner l’ordre de capitulation à Gaza et aux forteresses voisines alors que partout ailleurs châteaux et places-fortes résistaient ou ne se rendaient que contre des conditions honorables. L’année de l’élection de Gérard de Ridefort est aussi célèbre pour l’événement dit " de la coupure de l’orme" qui se déroula à Gisors.

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ROBERT de SABLE ou de SABLOIL
1191 - 13 Janvier 1193

 

Robert III, seigneur de Sablé, tire son origine de l’illustre maison de Craon, en Anjou, laquelle vait déjà donné à l’Ordre du Temple un de ses grands Maîtres, Robert III, dit le Bourguignon. Elevé à la maîtrise de l’Ordre peu après son admission, par suite de la renommée que lui valurent ses exploits. C’est lui qui vainquit Saladin.

Le roi d’Angleterre, Richard Coeur de Lyon, lui vendit l’île de Chypre. Les Grecs vinrent y assiéger les Templiers, qui, le jour de Pâques 1192, après la messe et la communion, sortirent l’épée à la main pour trouver une mort honorable. Mais les assiégeants prirent la fuite, et les templiers en firent un carnage.

Les Templiers refusèrent de garder une île habitée par un peuple aussi "perfide que lâche". Le roi d’Angleterre reprit l’île, puis la donna à Guy de Lusignan.

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GILBERT ARAIL ou HORAL
1194 - 21 Décembre 1200

Gilbert Hérail (ou Érail, ou Horal) est Grand Précepteur de France quand il est élu Grand Maître. Sous sa Maîtrise, l'Ordre consolide ses possessions en Espagne, où il participe à la "Reconquête" des derniers bastions musulmans. En 1196, Alphonse, roi d'Aragon, donne l'Alhambra aux chevaliers du Temple.

Gilbert Hérail respecte la trêve entre Francs et musulmans, lesquels, depuis la mort de Saladin, sont divisés par des querelles dynastiques.

Le pape Célestin III, lui, sans tenir compte de cette trêve, décrète une nouvelle croisade. Seul l'empereur d'Allemagne répond à l'appel, et lève une armée de 40 000 hommes. Avec laquelle il n'intervient pas en Palestine, mais en Sicile et en Italie du Sud, pour les conquérir.

Un contingent réduit de chevaliers allemands débarque à Saint-Jean d'Acre, et, passant outre les conseils de prudence, rompt la trêve. Au même moment, Henri de Champagne, qui a été nommé roi de Jérusalem lors de la précédente croisade par Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, pour une fois d'accord, se tue accidentellement en tombant d'une fenêtre de son palais.

Pendant ses funérailles, Maleck-Adel, sultan de Damas, s'empare de Jaffa, et passe 20000 chrétiens au fil de l'épée. L'armée chrétienne, qui a reçu des renforts, reprend l'avantage et s'empare des villes de la côte de Syrie. L'empereur d'Allemagne, qui a achevé ses conquêtes italiennes, envoie enfin en Palestine le gros de ses troupes. Les chefs -mais qui s'en étonnera -sont divisés sur l'opportunité d'attaquer Jérusalem, et la discorde est telle que les chrétiens de Syrie, qui se trouvent plus maltraités par les Teutons que par les Arabes, refusent de rester sous les mêmes drapeaux que les Allemands.

Les Templiers, qui ont multiplié les conseils de prudence, sont accusés de traîtrise. L'évêque de Sidon va jusqu'à les menacer d'excommunication. On leur reproche d'avoir, pour de l'argent, trahi les chrétiens. Malek-Adel leur aurait offert un trésor en pièces d'or pour lever le siège d'une ville, mais, ensuite, ne leur aurait livré que des fausses pièces, juste prix des traîtres et des cupides! (Ce sont des chroniqueurs chrétiens qui colportent ces légendes; les chroniqueurs arabes, eux, ne font pas mention de telles tractations!) Une nouvelle trêve de trois ans est finalement signée., entre musulmans et chrétiens. Mais pas entre Templiers et Hospitaliers...

Les deux Ordres possèdent, en Asie et en Europe, des villages, des villes et même des provinces entières. Ils rivalisent de puissance et de gloire, s'occupant moins de défendre les lieux saints que d'accroître leurs renommées et leurs richesses. Ils ont frôlé entre eux, àplusieurs reprises, la guerre ouverte.

En s'emparant d'un château de la côte syrienne appartenant à un vassal des Hospitaliers, les Templiers prennent l'offensive. Les Hospitaliers les chassent. L'affaire n'en reste pas là; dès qu'ils se croisent, Templiers et Hospitaliers se provoquent au combat. Chaque camp est soutenu par des princes et des barons. Les évêques sont impuissants et il faut que le pape Innocent III reçoive, à Rome, deux députés de chaque Ordre, pour trancher, avec beaucoup de précautions, en faveur des Hospitaliers! Gilbert Hérail, le Grand Maître, meurt (à Chypre ?) à la fin de l'an 1200.

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PHILIPPE du PLASSIEZ ou du PLAISSIS
1201 - 1209

Philippe du Plessiez est né aux portes d’Angers, dans la vieille forteresse de Plessis-Macé. Il connut l’Ordre au cours de la troisème croisade.

Sous son magistère, un différend s’éleva entre les Templiers et les Hospitaliers au sujet d’une terre que ces derniers avaient inféodée, et dont les Templiers réclamaient la propriété.

Cette querelle fut le commencement des guerres très vives qui existèrent entre les deux Ordres. En 1208, le pape Innocent III lui écrit une lettre très sévère sur la désobéissance des Templiers envers les évêques et même des légats.

Durant son magistère les Templiers vainquirent les Maures d’Espagne.

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GUILLAUME de CHARTRES
1210 - 26 Août 1218

Guillaume de Chartres, fils du comte de Bar-sur-Seine, est élu Grand Maître et assiste, peu après, en 1210, au couronnement de Jean de Brienne, nouveau roi de Jérusalem, nommé par Philippe Auguste. Son royaume ne consiste plus qu'en deux ou trois places fortes que les chrétiens peuvent espérer tenir tant que durera la discorde dans les rangs musulmans.

À moins qu'une nouvelle croisade... Le pape, touché par ce triste bilan, exhorte en 1213 tous les princes chrétiens à se croiser à nouveau, et convoque un concile à Latran (novembre 1215) : Il faut, s'écrie-t-il dans son discours d'ouverture, rompre les fers de la captivité de Jérusalem... Me voila tout prêt, mes très chers frères, à me mettre à votre tête ( ... ), à venger les injures faites au Sauveur des hommes, qui est chassé aujourd'hui de cette terre arrosée de son sang, et sanctifiée par le mystère de notre rédemption.

Tout le concile sanglote. Les évêques partent prêcher la croisade dont le départ est fixé en juin 1217. Mais Innocent III meurt avant le rassemblement, Son successeur Honorius III fait exécuter cette sixième croisade qui prend du retard. Il faut plus d'un an pour que tous les croisés se retrouvent en Terre Sainte.

En Espagne, l'Ordre atteint son apothéose. Les Templiers sont de toutes les batailles que les chrétiens gagnent contre les Maures. ils prennent l'Alcazar en 1217. Les rois d'Espagne comblent lOrdre de donations qui augmentent encore la richesse et la puissance des Templiers. Les Templiers profitent de l'attente du gros de l'armée croisée pour ériger Château Pèlerin, entre Dora et Césarée. L'armée croisée a décidé d'attaquer Damiette, sur la rive droite du Nil. C'est à Damiette qu'arrivent toutes les richesses de la Syrie et de l'Asie mineure.

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PIERRE de MONTAIGU
1219 - 1232

Il reste à Damiette suffisamment de Templiers pour former un chapitre de l'Ordre, et Pierre de Montaigu, Percepteur de Provence et d'Espagne, est élu. A noter que le Grand Maître des Hospitaliers s'appelle, lui, Guérin de Montaigu. Une conspiration, dans le camp musulman, provoque la défection de plusieurs émirs et de leurs soldats. L'avant-garde de l'arméecroisée peut franchir le Nil, mais elle se heurte aux troupes des sultans de Damas et du Caire, qui ont emprisonné les émirs félons. La débâcle est évitée de justesse grâce à la bravoure des trois Ordres du Temple, de Saint-Jean et Teutonique qui forment, face aux Sarrasins, un mur d'airain qui couvrait les soldats chrétiens (Matthieu Paris, 1219). Le siège, à nouveau, s'enlise.

On annonce l'arrivée prochaine de Frédéric II, empereur d'Allemagne. Le sultan du Caire envoie des émissaires faire des offres de paix : il propose de rendre aux Chrétiens le bois de la vraie croix (qui avait pourtant été enterrée dans le désert par un Templier !), de céder la ville (dont il est prêt à rebâtir les remparts) et le royaume de Jérusalem, et tous les prisonniers chrétiens vivants en Syrie et en Égypte...

Les chefs chrétiens se réunissent, pour en discuter, plutôt favorablement : Jérusalem libérée, c'est le but ultime de la croisade... Mais c'est compter sans le légat Pélage, qui s'y oppose farouchement : abandonner Damiette, ce serait se déshonorer ! Le sultan, selon lui, ne négocie que pour gagner du temps... Le Grand Maître du Temple se rallie au légat, suivi par d'autres. La majorité décide de poursuivre la guerre. Un mois plus tard, Damiette tombe sans combattre. Les croisés, une nuit, ont tenté un assaut, et n'ont pas trouvé de résistance. Ils ont ouvert les portes de la ville : elle n'est peuplée que de cadavres. Sur les 80 000 habitants que comptait la ville au début du siège, il n'en reste que 3 000. Jacques de Vitry, chroniqueur de cette croisade, achète un grand nombre d'enfants en bas âge, pour les faire baptiser, mais plus de cinq cents moururent peu après, apparemment de la famine qu'eux ou leurs mères avaient soufferte.

L'armée croisée, fidèle à la lamentable stratégie des Francs en Terre Sainte, ne profite pas de son avantage pour pousser aussitôt jusqu'au Caire. Jean de Brienne, qui n'en peut plus de l'autorité tatillonne du légat Pélage, s'en retourne en Palestine avec ses troupes. Des contingents de croisés, estimant aussi que l'aventure a assez duré, retournent en Europe. Pélage, bien qu'il ait reçu d'autres renforts, est obligé de prier Jean de Brienne de revenir prendre la tête de l'armée chrétienne pour marcher sur Le Caire. Le roi de Jérusalem finit par accepter, mais presque deux ans ont passé, et le sultan a eu le temps de préparer sa défense.

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ARMAND de PERIGORD
1232 - 20 Octobre 1244

Originaire de l'ancienne maison des comtes de Périgord, il fut précepteur du Temple en Sicile et en Calabre avant son élection.

En 1240 il fit relever la forteresse de Saphet, ruinée par les Sarrasins qui la redoutaient beaucoup. Il fut en discorde constante avec les Hospitaliers et les Teutoniques.

Le 17 octobre 1244, ce fut le désastre de Forbie, près de Gaza. Les pertes de l'armée franque furent très importantes. D'après le patriarche lui-même, le Temple perdit à lui seul plus de trois cent douze chevaliers sur trois cent quarante-huit. Lors de la seconde de ces deux sanglantes journées, le Maître fut blessé et mourut peu de temps après.

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RICHARD de BURES
1245-9 mai 1247
(Conflit d'historiens)


GUILLAUME de SONNAC
1247 - 3 Février 1250

Certaines listes chronologiques des Maîtres du Temple donnent Richard de Bures comme successeur d'Armand de Périgord. Or, Richard de Bures était châtelain de Châtel Blanc lorsqu'il fut élu Grand Commandeur de l'Ordre. Il ne fut jamais Maître de l'Ordre. Précepteur d'Auzon, près de Châtellerault, Guillaume de Sonnac apparaît au début de l'année 1245 dans un acte concernant l'Ordre de Saint-Thomas d'Acre.

Le roi de France, Louis IX "Saint-Louis" ayant pris la croix débarqua avec ses troupes à Damiette dans le delta du Nil et s’en empara sans coup férir. Il décida d’attendre la fin des crues avant d’engager les opérations ce qui permit aux égyptiens de se ressaisir. C’est là que Guillaume de Sonnac se distingua lors de la bataille de Mansourah "La Victorieuse" où il fut tué avec de nombreux Templiers.

En effet, l’avant-garde de l’armée leur avait été assigné en même temps quau frère du Roi, Robert d’Artois qui en dépit des conseils prodigués par Guillaume de Sonnac refusa d’attendre que l’armée entière eut passé le fleuve et s’engagea seul à la conquête du camp egyptien. Bénéficiant d’une surprise totale, cette première conquête fut totale, puis enhardie par celle-ci il s’élança à l’asssaut de la forteresse de Mansourah où il devait trouver la mort avec tous ses compagnons ainsi que les chevaliers du Temple qui l’avaient suivi. Par la suite, l’ordre de retraite fut donné trop tard et le roi Saint-Louis de retour vers Damiette fut fait prisonnier avec l’ensemble de son armée.

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RENAUD de VICHIER
1250 - 1256

Renaud de Vichiers "de Vichy", était Champenois de naissance.Il fut successivement Précepteur de France et Grand Maréchal de l’Ordre. C’est à lui que s’adressa Joinville le jour où il força un des coffres confiés au Trésor du Temple.

En effet, fait prisonnier avec son armée lors du désastre qui marque la fin de l’expédition d’Egypte, le roi saint Louis s’est engagé à verser une rançon qui s’élève à deux cent mille livres. S’apercevant qu’il est en déficit de 30 000 livres, Joinville propose d’emprunter la somme manquante aux Templiers. Mais le commandeur, Etienne d’Otricourt élève une protestation : ces sommes représentent des dépôts confiés à l’Ordre. Alors maréchal du Temple, Renaud de Vichiers, laisse entendre qu’en pareille conjoncture ils seplieront aux ordres du roi et qu’au surplus ils détiennent à Acre, un dépôt royal sur lequel ils pourront être dédommagés. Finalement la somme sera remise pour parfaire la rançon. Durant sa maîtrise, Renaud de Vichiers engagea saint Louis à rester en Syrie. L’empereur Frédéric II par testament lui rendit les biens qu’il avait pris aux Templiers.

Lorsque saint Louis rembraque le 25 Avril 1254, une certaine unité règne dans le royaume de Jérusalem et les fortifications de Césarée, de Jaffa et de Sidon sont rétablies.

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THOMAS BERAUD ou BERARD
Début 1252 - 25 Mars 1273

Son magistère fut marqué par la fin des croisés en Terre Sainte. Sous sa maîtrise, les Templiers acquirent la place de Sajette, le château de Beaufort en 1260, et en 1262 la place d'Arsuf. Ces places fortes seront reprises par les musulmans en 1264 et 1268.

En 1265, un troubadour templier lança son cri de désespoir "Ira et Dolor" face à la situation désespérée des chrétiens de la Palestine réduits à se renfermer dans les murs d'Acre. Engagé dans des querelles entre les Templiers et les Hospitaliers, Thomas Béraud aurait tenté d'établir des liens entres les deux Ordres.

Fait prisonnier à la bataille de Saphet, il n'aurait obtenu sa libération qu'après avoir renié le Christ. La chronique signale sa mort le 25 mars 1273.

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GUILLAUME de BEAUJEU
13 Mai 1273 - 18 Mai 1291

"Il fut mult gentilhomme, parent du roi de France ; fut mult large et libéral et fut le Temple en son temps mult honoré et redouté." Originaire de la célèbre famille du Forez, et non de Bourgogne, Guillaume de Beaujeu fut le dernier Maître à siéger en Terre Sainte durant toute sa maîtrise.Commandeur de l'Apulie, il était en Terre Sainte lorsqu'il fut élu le 13 mai 1273 à la tête du Temple.

Assiégé dans Saint-Jean d'Acre, son héroïsme lui valu le commandement de tous les défenseurs. Lors de la chute de la ville, il fut mortellement blessé et prononça ces mots : "Seigneurs, je ne peux plus car je suis mort, voyez le coup".

Le reste des troupes se retira sur les vaisseaux pour gagner Chypre. Le patriarche de Jérusalem, Nicolas de Hanappe, et le Maître de l'Hôpital périrent noyés, tandis que le lieutenant de Saint-Lazare était tué.

 

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THIBAUD GAUDIN ou le Moine GAUDINI
Août 1291 - 16 Avril 1292

Le moine Gaudin (ou Gaudini) est le lieutenant de Guillaume de Beaujeu et l'a remplacé pendant son agonie. C'est à l'unanimité que les Templiers l'élisent Maître (cette désignation, hâtive, n'ayant pas été faite dans les règles, l'élection sera confirmée en août 1291, à Chypre).

Dans la ville livrée aux flammes, au pillage et au meurtre, seul le quartier du Temple résiste. Le sultan offre aux Templiers une capitulation honorable. Il accorde la vie sauve à ceux -population comprise -qui se sont réfugiés dans l'enceinte du Temple, toujours inexpugnable. Le grand Maître accepte.

Mais les 300 soldats du sultan, à peine entrés dans l'une des principales tours du quartier du Temple - dite Tour du grand Maître - violent les femmes qu'ils y trouvent. Furieux, les Templiers les massacrent. Le sultan ordonne alors à ses hommes d'assiéger la maison du Temple et de passer tous ses défenseurs au fil de l'épée. Les Templiers se défendent pendant plusieurs jours.La tour du Grand Maître ayant été minée, elle s'effondre au moment où les musulmans montent à l'assaut, écrasant dans sa chute assaillants et défenseurs. Par la brèche ouverte, les Sarrasins s'engouffrent dans le quartier du Temple et tuent tout ce qu'ils rencontrent. Le Grand Maître rassemble les dix chevaliers qui, sur les cinq cents du début du siège, ont survécu, et monte avec eux dans une barque amarrée au pied des murailles du quartier du Temple (20 mai 1291).

Il fait voile vers Chypre, où les Hospitaliers se sont déjà repliés. Limassol devient le nouveau quartier général des deux Ordres. La Palestine est perdue. Tyr, Sidon, Beyrouth ouvrent leurs portes aux vainqueurs. Leurs habitants n'en sont pas moins massacrés. Les églises sont rasées. A la fin de l'été 1291, les musulmans ont effacé toutes les traces de l'implantation chrétienne, qui a duré presque deux siècles.

Les Teutoniques se sont repliés en Allemagne. Les Grands Maîtres des Templiers et des Hospitaliers, depuis Chypre, lancent une citation générale pour appeler auprès d'eux les chevaliers de leur Ordre dispersés dans la plupart des provinces de la chrétienté, afin de se livrer à un vaste recensement, et à un état de leur fortune.

Le Grand Maître du Temple est-il alors encore Thibaud Gaudin? Des historiens le font disparaître le 16 avril 1292, d'autres vers l'an 1295 ou l'an 1298.

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JACQUES de MOLAY
Fin 1292 - 18 Mars 1314


Jacques de Molay, né vers 1244 dans une famille noble de Franche-Comté, est élu Maître à la mort du moine Gaudin. Il est alors Maréchal de l'Ordre. C'est un militaire plus qu'un politique, ce qui ne va pas être sans conséquences, dans la chute de l'Ordre ; mais même un diplomate avisé aurait-il pu, face aux "juristes" de Philippe le Bel, sauver l'Ordre ?

Le khan des Tartares Mongols, Kazan, s'est allié au roi d'Arménie pour déclarer la guerre au sultan d'Égypte. En 1299, il propose aux Templiers et aux Hospitaliers de leur rendre la Terre Sainte (dès qu'il l'aura conquise) s'ils s'associent à son entreprise. Templiers et Hospitaliers lèvent des troupes, et participent àune grande victoire contre le sultan d'Égypte.

Ils retrouvent la Terre Sainte et les villes qu'ils ont quittées dix ans auparavant, mais sans fortifications.

Ils entreprennent de relever les murailles de Jérusalem lorsque le Khan abandonne le terrain conquis pour retourner en Perse mater une révolte. Templiers et Hospitaliers sont à nouveau seuls face au sultan dÉgypte, et malgré leurs appels pressants à l'Occident, où leur retour dans Jérusalem a provoqué une explosion de joie, les renforts tardent à venir. Pour éviter un carnage comme celui de Saint-Jean d'Acre, ils sont obligés de quitter la ville sainte, et de retourner à Chypre. Le rêve d'une Jérusalem chrétienne est définitivement brisé.

A Chypre, les deux Ordres sont à l'étroit. Le roi de l'île, descendant de Guy de Lusignan, leur a interdit d'y acquérir des propriétés, de crainte qu'ils lui disputent son pouvoir, comme ils l'ont fait aux rois de Jérusalem. Les Hospitaliers s'emparent de l'île de Rhodes, et y installent leur quartier général. Les Templiers sont tentés de s'implanter en Sicile, dont le souverain entend les utiliser pour une expédition contre la Grèce. Le Templier Roger, qui dirige ce corps expéditionnaire, s'empare d'Athènes, s'avance vers l'Hellespont, ravage une partie de la Thrace.

Lors de l'expédition, les Templiers dédaignent les villes tombées en leur pouvoir; ils ne gardent pour eux que les richesses pillées. Richesses que, maladroitement, ils étaleront, tandis qu'on leur reprochera de n'avoir pas su garder la Terre Sainte, en insinuant qu'elle était devenue trop pauvre pour eux... En 1306, à la demande du pape Clément V, qui a le projet de faire des Templiers une milice pontificale, le quartier général du Temple est transféré à Paris.

L'Ordre est né de chevaliers partis du royaume de France, il y retourne. C'en est fini de la gloire de l'Ordre, de l'épopée templière, et des exploits des chevaliers à la croix pattée dans les déserts de la Terre Sainte. Philippe le Bel qui, depuis le palais du Louvre, a vue sur le donjon du Temple, prépare sa chute.

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