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bref sommaire :| En 1138, alors que le roi Foulques Ier assiégeait une forteresse avec le gros de ses troupes. Robert de Craon, Maître du Temple, apprit que des bédouins pillaient la région d'Hébron. Décidé de les châtier, il partit avec un contingent de Templiers et de chevaliers de la cité. Il mit aisément les pillards en fuite, mais voyant que les chrétiens s'attardaient à ramasser le butin, ils revinrent en force et les étrillèrent. Robert de Craon ramena sa petite troupe fort entamée. Il avait perdu l'un de ses meilleurs chevaliers. Cette petite défaite marqua le début de la participation des Templiers aux campagnes royales. Ils ne se contentaient plus de convoyer les pèlerins vers Jérusalem. Ils fournissaient l'avant-garde et l'arrière-garde, un des postes les plus dangereux. |
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Le roi de France Louis VII, voulant partir en croisade, demanda l'aide des Templiers, afin de lui financer son armée. Il débarqua à Antioche le 19 mars 1148. Comme la progression des armées croisées avait échoué à deux reprises à cause des forces seldjoukides, Louis VII choisit une route plus longue, mais plus sûre, le long de la côte égéenne. Il se heurta aux Seldjoukides près du mont Cadmus et essuya une lourde défaite, échappa aux pièges des défilés vertigineux. Il réussit à atteindre la côte à Adalia où des vaisseaux byzantins recueillirent le roi et ses chevaliers. |
| Le 13 août 1153, le roi de France, l'empereur allemand, Baudouin III
de Jérusalem et les Maîtres des Templiers et Hospitaliers assiégèrent Ascalon.
Cette ville était défendue par cent cinquante tours et ses habitants étaient
préparés au siège depuis longtemps. Alors que les engins de guerre tentaient en vain de faire une brèche, ce sont les Ascalonites qui le firent par malchance : voulant incendier les tours en bois ennemis, le vent défavorable dévia les flammes s'attaquant alors aux murailles. Le Maître des Templiers, Bernard de Tremelay, avec ses quarante Templiers s'interposèrent et empêchèrent les croisés de se précipiter dans la ville. Ils la parcoururent jusqu'au mur d'enceinte du côté opposé, mais au retour, ils furent criblés de pierres et de viretons. Une fois massacrés, la brèche fut colmatée et les cadavres des quarante Templiers et de leur Maître furent pendus aux murailles. Les croisés prirent la ville le 19 août. |
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Sachant que Saladin (Salah ed-Dîn Yousouf ibn Ayoub),
sultan d'Egypte, le poursuivait pour envahir son royaume, Baudouin IV,
le jeune roi de Jérusalem, lépreux, âgé de seize ans, laissa une faible
défense à Jérusalem puis partit pour Ascalon, afin de renforcer la garnison
avant l'arrivée de l'ennemi. Baudouin attendait des renforts, mais il
furent capturés. Saladin assiégea Ascalon avec vingt-six mille hommes,
enfermant son adversaire sans grande défense.
Confiant, Saladin pilla, brûla toute la région afin de terroriser les assiégés. L'armée était complètement dispersée. Mais il fit l'erreur de ne pas investir immédiatement Ascalon, puis foncer sur Jérusalem. Il décapita ses prisonniers, quitta Ascalon, pensant que les Ascalonites n'oseraient jamais sortir. Baudouin, seul à garder la tête froide, veillait. S'apercevant que le sultan n'avait plus que la moitié de son armée de départ, il rappela les Templiers de Gaza. Il sortit d'Ascalon et suivit la route du littoral afin de passer inaperçu. Outre l'infanterie, il n'emmenait que trois cent vingt-cinq chevaliers, dont quatre-vingts Templiers. Saladin se trouvait à Montgisard et ses troupes étaient dans le désordre le plus complet. Baudouin ne laissa pas le temps à Saladin de rallier ses troupes et ordonna la charge. Ce fut une fuite éperdue. La garde personnelle du sultan se sacrifia pour lui sauver la vie. Saladin retourna en Egypte avec peine, subissant encore en chemin des attaques des Bédouins qui pillèrent ses provisions. Les groupes de fuyards de retour au pays ne représentaient plus que le dixième de l'armée : une déroute totale ! |
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| Les Francs se divisaient peu à peu. Il y avait d'un côté les Occidentaux
arrivés récemment, motivés à guerroyer, et les poulains1, lassés par ces
interminables guerres détruisant tout commerce. Ces Occidentaux partant d'Europe pour la contre-jihad reprochaient aux poulains de s'être amollis, d'être devenus trop tolérant envers les Sarrasins. Certains les accusaient même de trahison. Les poulains voyaient donc d'un mauvais œil l'arrivée de contingents de guerriers belliqueux. Ils préféraient rechercher une autre manière de gérer les territoires à long terme. Tous les efforts diplomatiques furent compromis. Renaud de Châtillon attaquait des pèlerins se rendant à la Mecque, organisait des raids et commandait des pirates en Mer Rouge. Saladin eut tous les prétextes pour passer à l'offensive. Il réussit à unifier la Syrie à l'Egypte. Remarquant les conflits politiques entre le comte Raymond de Tripoli et le roi de Jérusalem Guy de Lusignan, il signa un traité avec Raymond. Les croisés se divisaient. Une ambassade hierosolymitaine tentait de rallier Raymond, quand soudain elle croisa une troupe de Saladin. Le combat s'annonçait à deux cent ou trois cent contre un en faveur des Sarrasins. Le Maître des Hospitaliers voulut raisonner Gerard de Ridefort, Maître des Templiers. Mais ce dernier lança la charge et fut largement battu suite à des erreurs tactiques grossières. Trois cavaliers réussirent à s'enfuir dont Gérard de Ridefort, tandis que cent quarante-sept têtes s'élevèrent au bout de lances. Le comte de Tripoli comprit alors le danger et rendit hommage au roi de Jérusalem. Saladin irrité par les attaques continues de ses pèlerins, harcela les frontières et mobilisa des troupes. En réaction, Raymond rallia ces barons et les forces franques se rassemblèrent à Séphorie. Le Maître du Temple fit débloquer les fonds confiés par le roi d'Angleterre Henri II pour solder des mercenaires. Encerclés par Saladin, le piège était flagrant pour des hommes habitués à la guerre en Terre sainte. Il n'aurait certainement pas été trop difficile de convaincre le roi de demeurer à Séphorie. Les émirs s'impatientaient de rester indéfiniment sans possibilité du butin et se seraient dispersés. Et si Saladin s'était décidé d'attaquer, c'était lui qui faisait un pénible voyage. Mais Gérard de Ridefort n'était pas de cet avis. Quelques années auparavant, Guy de Lusignan avait refusé d'attaquer Saladin et perdu sa place de régence et reçut un discrédit général en échange. Le Maître du Temple utilisant cet argument fit céder le roi. Ordre fut donner pour le départ le lendemain matin. L'armée se dirigea vers Tibériade. Le voyage fut long et pénible. Les soldats, comme le chevaux, étaient épuisés et assoiffés. Raymond de Tripoli tenta une dernière fois de convaincre d'abandonner et de perdre Tibériade, ajoutant que sa femme, ses enfants et son trésor étaient dans le château. Nul ne perdrait autant que lui. Hautain, Gérard de Ridefort ricanait. Ce dernier s'assura encore la nuit que le roi n'avait pas changé d'avis. |
| Le 3 juillet 1187, la confrontation eut lieu à Hattîn. Les
croisés étaient cernés par les cavaliers de Saladin. Guy tenta deux charges
: le seconde fut néfaste. Ne voulant pas tomber entre les mains de son ancien
allié, Raymond entreprit une charge pour ouvrir un passage et s'échappa.
Guy de Lusignan, Gérard de Ridefort et Renaud de Châtillon se rendirent.
La grande sainte Croix, étendard des croisés fut perdue. Loyal, Saladin, étant souverain, ne voulait pas tuer un autre souverain. Mais frappé par l'arrogance et l'insolence de Renaud, il le décapita lui-même. Afin de purifier la Terre des deux ordres, Templiers et Hospitaliers furent tous décapités sauf Gérard de Ridefort. |
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| Cette bataille eut d'énormes conséquences. Plus soucieux de son commerce et de la dépopulation, Saladin fit demi-tour. Il imposa une discipline stricte à ses soldats, ne leur permettre ni tuerie inutile, ni pillages. Le royaume de Jérusalem n'avait plus d'armée, hormis les débris sauvés par Raymond de Tripoli. Les commanderies templières et hospitalières étaient pratiquement vides. Leur roi prisonnier, la vraie Croix perdue, le peuple était démoralisé et mettait bas les armes. |
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Frédéric II était maître de l'Allemagne, la Sicile et la Lombardie. Il
constituait à lui seul la plus grande puissance militaire d'Europe. Honorius
et Hermann von Salza, maître des Teutoniques, eurent l'idée de marier
Frédéric à l'héritière du royaume de Jérusalem. La vanité va le pousser
à reprendre le Saint-Sépulcre, afin d'agrandir son empire avec ce mariage.
Une fois marié, il revendiqua les pleins pouvoirs sur le royaume. Il se
montra alors très agressif, n'hésitant pas à inciter des révoltes pour
agrandir sa régence. Il avait également un intérêt particulier pour les
savoirs musulmans, et menait une vie de débauche. |
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| Il exigea la restitution immédiate de Jérusalem : le sultan refusa. Alors
l'empereur partit avec une très faible troupe. Pour éviter un désastre,
Hospitaliers et Templiers les suivirent à distance. Le pape avait interdit
Frédéric de guerroyer, et furieux, il envahit la Sicile. Frédéric reprit Jérusalem. Etant excommunié, il se nomma seul empereur et mit sa couronne au Saint-Sépulcre. Son athéisme scandalisait chrétiens comme musulmans. Il promit aux ordres militaires de relever les murs, mais une clause secrète avec le sultan la lui interdisait. En entrant à Saint-Jean d'Acre, la ville était au bord de la guerre civile. Il rétablit l'ordre avec force et traîtrise. Il projetait de déporter Jean d'Ibelain et le maître du Temple, principaux chefs de l'opposition. Erreur fatale : les poulains eurent une très mauvaise opinion. Craignant la révolte, il préféra abandonner et s'enfuit. Dans sa fuite, il réussit à couper le soutien de Chypre. |
| Contre le sultan d'Egypte et Frédéric II, Les Templiers entraînèrent les
barons syriens pour renforcer l'alliance franque. En réaction, le sultan
recruta dix mille mercenaires khusarizmiens. Ils s'emparèrent de Jérusalem
le 11 septembre 1244 après avoir ravagé une partie de la Galilée. Jérusalem ne fut pas sauvée, mais les armées franques descendirent sur Gaza. La confrontation eut lieu le 17 octobre 1244. Impatients de se battre, les Francs l'emportèrent au prix d'une très lourde perte humaine : dix mille hommes dont deux cent trente-six Templiers sur trois cent douze. Les pertes hospitalières et teutoniques furent plus grave encore. Le sultan profita de cette faiblesse pour annexer Damas, Tibériade et Ascalon. |
| A Chypre, lors d'un conseil de guerre, maîtres du Temple et de l'Hôpital aidaient à la préparation de la croisade de Louis IX, dit saint Louis. Le roi de France attaqua alors Damiette le 3 juin 1249. Sous le nombre, la garnison abandonna la ville. Robert d'Artois, frère du roi, proposa d'attaquer directement le Caire : "Qui veut tuer le serpent, lui écrase la tête". Le roi avait de bons ingénieurs et décida de détourner le fleuve, mais les Egyptiens criblèrent de flèches les ouvriers et les feux grégeois les incendièrent. Alors Louis IX hésitait à se replier vers Damiette, quand un Bédouin offrit contre cinq cents besants d'indiquer un gué. Mais le gué était moins que facile que ne le prétendait le Bédouin. |
| Louis IX laissa en avant-garde les Templiers car il voulait
coordonner les attaques. Mais Robert d'Artois chargea l'ennemi en vue. Les
Templiers par honneur décidèrent de le soutenir. Ils poursuivirent les cavaliers
de l'émir, et s'engouffrèrent dans la ville. L'émir contre-attaqua avec
les Mamelouks. Bloqués, Templiers et croisés furent massacrés un par un.
Robert d'Artois ne fut pas épargné. Ce fut le désastre. Louis IX fut capturé et le sultan en exigeait une rançon de cinq cent mille livres. Comme il manquait trente milles livres, les croisés demandèrent au Temple leur aide. Mais selon la règle, le trésorier devait refuser, mais sous la menace, l'acompte fut versé. Ensuite Louis repartit pour Saint-Jean d'Acre |
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| De 1265 à 1271, de nombreuses attaques mamelouks sur tout le royaume de
Jérusalem affaiblirent considérablement l'influence franque. En effet beaucoup
de points stratégiques, citadelles tombèrent durant cette période. Les templiers
perdirent leurs châteaux de Saphet, Beaufort et Châtel-Blanc. Les Hospitaliers
durent capituler au Krak. En 1291, le pape reforma un corps de croisés populaires afin de reprendre Jérusalem. Ces croisés italiens s'attaquèrent à de paisibles paysans musulmans dans un marché. Ces derniers furent massacrés. Le Maître des templiers, Guillaume de Beaujeu, exigea l'exécution des criminels publiquement. Mais le Conseil de Saint-Jean d'Acre fut incapable de prendre une décision et présenta simplement des excuses au sultan al-Ashrf Khalil. |
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Mais le sultan envoya une déclaration de guerre au dernier homme fort du royaume, c'est-à-dire Guillaume de Beaujeu. Le patriarche, le Maître des Hospitaliers, le commandeur des Teutoniques, les consuls de Pise et Venise et les barons ne crurent pas à cette déclaration, jugeant que cela n'était qu'une simple menace. Les ambassadeurs envoyés au Caire furent emprisonnés, et le sultan se présenta le 5 avril 1291 sous les murs de Saint-Jean d'Acre avec une armée de soixante mille cavaliers, cent soixante mille fantassins et un important matériel de siège. Maîtres des Templiers et des Hospitaliers, si longtemps rivaux, se réconcilièrent à l'heure du danger. Mais Guillaume de Beaujeu fut mortellement blessé, Jean de Villiers grièvement. Quand la porte de Saint-Antoine céda, dix mille hommes trouvèrent refuge dans la commanderie des Templiers, qui tint dix jours. La tour s'effondra ensevelissant croisés et Sarrazins. |
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La chute de Saint-Jean d'Acre entraîna la reddition des dernières places tenues par les Francs. Les Templiers tentèrent de défendre Sidan. Mais Thibaut Gaudin, nouveau Maître du Temple partit pour Chypre afin de rassembler des forces, mais ne revint jamais. Cela détruisit quelques ordres militaires, comme l'ordre anglais de Saint-Thomas. L'ordre de Saint-Lazare abandonna sa vocation militaire pour s'occuper de lépreux uniquement. Les Teutoniques, eux, retournèrent christianiser l'Europe de l'Est. L'épopée des croisades était terminée… les Templiers n'avaient plus de raison d'être. |