L'ORGANISATION DE L'ORDRE








 

Un bref sommaire :

1. Classes et hiérarchie

2. Les symboles et symboliques

3. L'architecture

4. Les banques

5. L'organisation administrative

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1. CLASSES ET HIERARCHIE

L'Ordre du Temple était typique de la société féodale. Les structures étaient nettement hiérarchisée, mais elles n'étaient pas totalitaires. Le Maître, par exemple, devait être élu par le Chapitre, le conseil templier.


Le Chapitre templier

A la tête, le Maître du Temple. Son pouvoir était identique à celui du père abbé dans les ordres religieux. "Il doit tenir le bâton et la verge : le bâton dont il doit soutenir les faiblesse et les forces des frères, la verge dont il doit frapper les vices de ceux qui manqueront" (à leur devoir). Il devait le faire "par amour de ce qui est droit". Il se faisait assister d'un conseil et lors des décisions importantes (donner une terre, recevoir un frère), l'ensemble de la maison se prononçait. Mais il lui appartenait de faire appliquer la Règle.
Il avait à son service un chapelain, un sergent, un clerc pour les transmissions d'ordres, un écuyer, un interprète, un maréchal-ferrant, un cuisinier, deux palefreniers et quelques valets dont un Turcople indigène. Il se déplaçait toujours avec deux chevaliers derrière lui.
Juste au-dessous du Maître, il y avait le sénéchal et le maréchal. Le sénéchal était le lieutenant du Temple et le maréchal était le chef militaire responsable des effectifs, de l'armement et du parc de cavalerie.

Les chevaliers venaient obligatoirement de la noblesse. Ils étaient les seuls à porter la robe et le manteau blancs et la croix pattée rouge.

Les sergents assistaient les chevaliers, constituant le gros de la troupe. Ils étaient issus de la bourgeoisie et du peuple et portaient le manteau brun et la croix pattée rouge.

Les chevaliers et les sergents portaient au combat le haubert ou cotte de mailles, un écu en bois et cuir. Ils avaient comme armes la masse à pointes, une lourde épée et une lance courte.

Les chapelains et les écuyers portaient une robe grise et la croix pattée rouge.

Les frères de métiers étaient les artisans, maçons, scribes, ou autres, travaillant pour l'Ordre.


Trois Templiers

Le cheval était également un signe de pouvoir :

- Les sergents avaient un cheval
- Les chevaliers en avaient trois
- Les hauts dignitaires en avaient droit à quatre.
- Le Maître en avaient quatre et en plus un turcoman, un cheval d'Orient nerveux et fragile, mais excellent pour le combat, et deux à trois sommiers.
- Le Maréchal avait les mêmes types de chevaux que le Maître
- Le Sénéchal avait les mêmes types de chevaux que le Maître, sauf qu'il avait un palefroi à la place du turcoman (cheval un peu moins coté)

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2. LES SYMBOLES ET SYMBOLIQUES

Le Baucéant

S'écrivant aussi baussant, bausséant, était l'étendard de l'ordre. C'était, lors de batailles, un pivot de combat. Au camp, ce gonfanon flotte sur la tente du Maître. Il est décrit comme suit : "Il est d'argent au chef de sable, à une croix de gueules passant". L'argent correspondrait à la couleur blanche, signifiant pureté et chasteté. Le sable correspondrait au noir, signifiant force et courage. Quant aux gueules, il s'agit de la couleur rouge.


La croix

Afin que les Templiers puissent se reconnaître, Eugène III accorda le droit de porter en permanence la croix. Cette croix simple, mais ancrée ou pattée, symbolisait le martyr du Christ. Elle était rouge, car cette couleur est le symbole du sang versé par le Christ, mais aussi symbole de vie. Le port en permanence montrait le vœu de croisade des Templiers.

Tous les ordres militaires et religieux finirent par porter la croix : croix blanche sur manteau noir des Hospitaliers, croix verte sur manteau blanc de l'ordre de Saint-Lazare (réservé aux chevaliers lépreux), croix noire sur manteau blanc des Teutoniques.


Templiers et Hospitaliers

Les sceaux

Le premier sceau représentait l'autorité de l'ordre. Une coupole symbolisait la maison du Temple à Jérusalem. Mais les Templiers ont choisi une coupole dorée surmontée de la croix du Temple du Seigneur, plutôt qu'une figuration du temple de Salomon. La coupole du Saint-Sépulcre était ouverte pour laisser passer le feu de la Pentecôte.
Le deuxième sceau représentait deux cavaliers montant le même cheval. Les chroniqueurs anglais y voyaient la pauvreté primitive de l'ordre. D'autres y voyaient l'union et le dévouement, ou les deux fondateurs, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, ou encore la bonne entente, l'harmonie et la discipline qui devait régner dans l'ordre.


Les sceaux du Temple
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3. L'ARCHITECTURE

L'architecture templière nous a laissés de nombreux messages symboliques gravés dans la pierre. L'arc brisé a été introduit par les Templiers. Symbolisant élancement et légèreté, ce style est proche de l'art gothique. On peut le retrouver dans de nombreuses églises et chapelles. Les feuilles de chêne, symbole de pérennité, se trouvent également souvent dans ces mêmes bâtiments. On retrouve souvent des images de la Vierge Marie, à qui ils témoignent une vive vénération.

L'octogone et le chiffre 8 apparaissent dans les constructions templières en mémoire des huit béatitudes évangéliques qui ouvrent le "sermon de la montagne" dans l'évangile de saint Matthieu. (De nombreuses tours sont octogonales et leur croix contient huit branches)


Le château de Tomar (Portugal)
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4. LES BANQUES

Les Templiers avaient besoin d'argent pour entretenir les armes, les équipements, les combattants et les mercenaires, pour construire des châteaux et des forteresses. Ils récoltaient les recettes de la vente de blé, orge, tonte de mouton, ventes d'agneaux et de fromages. Mais à part les dons impressionnants et les taxes qu'ils pouvaient imposer, ils avaient inventé les formes modernes de certaines opérations bancaires.
Les ressources de l'ordre permettaient de constituer une caisse à laquelle recouvraient les emprunteurs de tous rangs. Le rôle militaire aussi bien que religieux est une garantie pour les déposants.

"Il n'y a aucune exagération à dire que le trésor du Temple a été pendant tout le XIIIe siècle la caisse où se centralisaient et s'administraient les ressources financières destinées aux croisades et aux différents besoins de la Terre sainte."
L. DELISLE, historien du XIXe siècle

Le dépôt consistait à déposer de l'argent ou pierres précieuses dans les coffres du trésorier templier. La reine de France, qui voulait un gage pour les emprunts de son beau-frère Henri III, roi d'Angleterre, fit enfermer deux coffres scellés au dépôt au Temple de Paris pendant dix ans.
Les lettres de change, appréciées des négociants italiens, pouvaient être échangées un peu partout en Europe.
Cautions, prêts, remboursements, toutes ces opérations financières étaient consignées sur les rôles et registres dans les diverses maisons.
L'organisation avait permis dès la fin du XIIe siècle à la maison chevetaine (maison de Paris) de contrôler les finances royales. A son départ pour la croisade, Philippe-Auguste lorsqu'il rédigea son testament, désigna comme exécuteur testamentaire un templier, F. Aymard, trésorier du Temple.

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5. L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE

Les divisions territoriales

L'organisation administrative s'établit sous forme de provinces à l'image de certains ordres religieux. Les divisions territoriales ignoraient les frontières des Etats. La Règle en signalait quelques-unes. Au cours du XIIIe siècle, elles augmentèrent jusqu'à dix-sept provinces : quatre en Orient, quatre dans la Péninsule Ibérique, quatre en Europe et cinq en France.
La Province se trouvait sous l'autorité du Commandant. La province n'était pas indépendante et le système collégial de l'Ordre du Temple était le seul principe de gouvernement. Chaque commandant gérait sa maison, mais il devait rendre compte. Sa juridiction se partageait entre les maisons de rapport (commanderies, granges situées en Europe et en France) et les maisons de combat (châteaux, forteresses pour l'Orient et la Péninsule Ibérique).
Chaque province était découpée en baillies, soit selon la géographie régionale, soit en fonction de l'opportunité militaire ou routière. La baillie porte le nom de la commanderie principale, car elle regroupe des commanderies ou des maisons à vocation rurale ou urbaine.


Commanderies et forteresses

La commanderie, préceptorie ou maison était un centre habité, par une petite communauté, qui réunissait les trois fonctions essentielles de maison conventionnelle, poste fortifié et domaine d'exploitation agraire.

C'était généralement une grande ferme, pas forcément fortifiée, mais le plus souvent entourée d'un mur ou d'une haie. Le rôle de la ferme était celui d'une entreprise agricole. Elle récoltait son blé, son foin, produisait son vin, son bois, sa viande et son poisson. Elle vendait les exédents sur les marchés par l'intermédiaire des commanderies citadines.


Commanderie d'Arville
La commanderie urbaine était le plus souvent une place forte ou une cité templière qui servait d'entrepôt économique et bancaire pour la ville. Les Templiers étaient propriétaires de maisons, moulins et boutiques, dont leurs locations étaient pour eux un revenu substantiel et régulier. La commanderie percevait aussi des droits sur les foires.

Le Temple de Paris
L'implantation de châteaux et forteresses s'effectua sur toutes les frontières, formant ainsi une barrière de défense. En Orient et partout où la défense de la chrétienté l'exigeait, les châteaux, fortins et redoutables citadelles étaient construits sur les promontoires rocheux qui dominaient et contrôlaient les routes alentours.
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